Étiquette : Denkmalschutz

  • Quand les monuments historiques font leurs valises

    Quand les monuments historiques font leurs valises

    Sur un terrain de 6500 mètres carrés situé au nord du bâtiment historique de la gare, deux immeubles d’habitation comprenant 57 appartements de 2,5 à 5,5 pièces seront construits. Des surfaces commerciales et gastronomiques sont prévues au rez-de-chaussée, ainsi qu’un petit bâtiment commercial et un parking souterrain avec 59 places de stationnement pour voitures et 92 places pour vélos. Un espace libre semblable à un parc avec une aire de jeux sera créé entre les deux maisons.

    Moins nombreux, mais socialement
    Le projet est devenu plus petit. A l’origine, les CFF prévoyaient quatre bâtiments avec 90 logements, dont un tiers à prix modérés. Le poste d’aiguillage situé à côté du bâtiment de la gare doit cependant rester en place, ce qui entraîne la suppression d’un bâtiment entier. Sur les 57 logements restants, 20 seront proposés à des prix avantageux. Cela correspond à 35 pour cent et est même légèrement supérieur au quota initial.

    La dernière halle aux marchandises de Suisse
    Ce qui exige la construction de logements exige de la place. Quatre bâtiments existants doivent disparaître, dont la halle aux marchandises de 1928, conçue par Meinrad Lorenz, alors architecte en chef des CFF, l’un des quatre seuls bâtiments de ce type en Suisse. Après la démolition de la remise identique de Heerbrugg, celle de Wollishofen est le dernier exemplaire de ce type conservé. Il est inscrit à l’inventaire cantonal des monuments historiques.

    Une construction en bois fait ses valises
    La halle aux marchandises ne va pas disparaître pour autant. Elle sera démontée en pièces détachées, remise en état dans les règles de l’art et reconstruite par l’association des chemins de fer à vapeur de l’Oberland zurichois à Bauma, sur la Töss. Elle y sera ouverte au public et aura une fonction muséale dans le cadre du projet « Depotareal Bauma 2020 ». Les documents d’autorisation pour le démantèlement sont déjà en grande partie disponibles.

    L’histoire se répète
    Ce déménagement n’est pas le premier dans l’histoire de la gare de Wollishofen. Le bâtiment actuel de la gare était autrefois le premier bâtiment de gare de la ville de Zoug, construit en 1864 et déplacé pierre par pierre en 1897 au bord du lac de Zurich. Ce qui, au 19e siècle, était imposé par la rareté des matériaux de construction devient aujourd’hui un acte délibéré de préservation. Wollishofen écrit ainsi un nouveau chapitre d’une histoire architecturale peu commune.

  • Ce qui était considéré comme une aubaine devient un projet de plusieurs milliards de dollars

    Ce qui était considéré comme une aubaine devient un projet de plusieurs milliards de dollars

    Lorsque la ville de Zurich a annoncé la rénovation des arsenaux sur le site des casernes à Zurich-Aussersihl, cela semblait encore être un projet gérable. La première estimation des coûts s’élevait à environ 55 millions de francs. Aujourd’hui, on parle d’un chiffre qui fait bondir même les parlementaires municipaux les plus aguerris : près de 200 millions de francs. Une multiplication qui doit être expliquée.

    La substance délabrée fait grimper les coûts
    Le principal moteur est la substance même du bâtiment. Les arsenaux historiques sont en bien plus mauvais état qu’on ne le pensait à l’origine. L’assainissement des substances nocives, les interventions statiques et les exigences en matière de protection des monuments s’additionnent pour donner lieu à des dépenses qui ont tout simplement été sous-estimées en amont. A cela s’ajoutent l’augmentation des coûts de construction et un concept d’utilisation élargi qui exige des normes techniques plus élevées.

    Culture, commerce et communauté
    Ce qui doit être créé après la rénovation a de la substance. Le conseil municipal prévoit un mélange d’utilisation culturelle, de petits commerces et d’espaces accessibles au public. Un lieu de rencontre vivant en plein cœur de Zurich-Aussersihl. La mixité sociale fait explicitement partie du concept. Le site de la caserne doit ainsi être revalorisé dans son ensemble, et pas seulement les arsenaux eux-mêmes.

    Longue route jusqu’à l’ouverture
    Le calendrier est ambitieux et l’histoire du projet incite à la prudence. Les arsenaux rénovés devraient être prêts à être occupés au plus tôt en 2034. D’ici là, il faut une décision de crédit du conseil municipal, un projet de construction approuvé et un déroulement sans faille des travaux. Trois facteurs qui, par expérience, fonctionnent rarement tous en même temps sans problème à Zurich.

    Monument oblige
    Les arsenaux font partie du site protégé de la caserne. Un ensemble qui rend visible l’histoire de la ville. Il n’est pas question de les démolir. Si l’on veut préserver la substance historique des bâtiments, il faut être prêt à payer pour cela. La question n’est pas de savoir si, mais comment la ville financera cette mission et la communiquera de manière transparente, compréhensible et avec une valeur ajoutée claire pour tous les Zurichois.

  • Le quartier historique des thermes se voit offrir de nouvelles perspectives d’utilisation

    Le quartier historique des thermes se voit offrir de nouvelles perspectives d’utilisation

    La société Verenahof AG, dont le siège est à Baden, veut faire revivre le complexe de bâtiments dans le quartier des bains de Baden. Pour ce faire, elle a conclu un contrat avec la ville le 5 février. Selon un communiqué, celui-ci constitue la base du développement et de l’utilisation du complexe et doit offrir une sécurité de planification.

    Pour ce faire, la société Verenahof AG a élaboré un concept d’utilisation en collaboration avec la ville et le service cantonal des monuments historiques. Celui-ci prévoit de combiner des logements protégés pour personnes âgées avec des offres culturelles et des utilisations accessibles au public. La faisabilité technique a déjà été examinée. Une demande de permis de construire et un devis doivent maintenant être élaborés dans les douze mois sous la direction de Verenahof AG.

    « Le concept d’offres dans les domaines de la prévention, de la rééducation et du vieillissement en bonne santé convient parfaitement à ce lieu historiquement précieux pour Baden », déclare le maire Markus Schneider, cité dans le communiqué. « Depuis l’époque romaine, on investit dans la santé dans le quartier des bains – il est important pour Baden et la région que cette offre soit développée à l’avenir »

    Le complexe est vide depuis la fermeture des hôtels Verenahof, Bären et Ochsen en 1987 et 2004. Depuis 2019, il est placé sous protection nationale. La fondation « Promotion de la santé Bad Zurzach Baden « , propriétaire de Verenahof AG, a étudié plusieurs utilisations, dont celle d’une clinique de rééducation. Ces utilisations possibles se sont heurtées aux conditions économiques et architecturales ainsi qu’aux exigences en matière de protection des monuments.

  • Les thermes historiques ont un avenir vert

    Les thermes historiques ont un avenir vert

    La ville de Baden et le canton d’Argovie ont accordé à la coopérative Bad zum Raben le permis de construire pour la rénovation des bains Bad zum Raben. Selon un communiqué de la coopérative, la rénovation combinera la préservation du patrimoine, l’hygiène de l’eau, la protection contre les incendies et les inondations, ainsi qu’un fonctionnement efficace. Une fois le financement assuré, la rénovation devrait débuter fin 2026 et s’achever début 2028.

    « Nous sommes très heureux de cette étape importante. Le permis de construire nous donne une sécurité en matière de planification et constitue la base pour la poursuite de la collecte de fonds », a déclaré Andreas Rudow, coprésident de la coopérative Bad zum Raben, dans le communiqué. « Avec le projet approuvé, la recherche de fonds est plus facile. »

    Le coût total de la rénovation s’élèvera à environ 4,5 millions de francs. Alors qu’un million de francs est déjà couvert par des fonds propres, des dons et les premières promesses de financement, le reste du financement devrait être assuré par des contributions publiques, la collecte de fonds auprès de fondations, des dons et la vente de parts sociales. La coopérative Bad zum Raben continue par ailleurs à rechercher de nouveaux coopérateurs et vend symboliquement des éléments de construction des futurs bains.

    La rénovation vise à préserver la substance historique du bâtiment et à permettre la transmission de l’histoire et de la culture grâce à une exploitation durable des bains et à une utilisation flexible. Outre quatre bassins d’eau thermale naturelle, les bains Bad zum Raben abriteront un petit bistrot, une scène pour des manifestations culturelles, des salles dédiées à l’art et à la détente ainsi qu’une médiathèque sur les bains. Le hall d’entrée offrira un aperçu de l’histoire de l’ancienne auberge et du système d’eau historique. Après la rénovation, l’eau thermale sera également utilisée pour produire l’eau chaude des douches des bains et des appartements situés dans les anciens étages de l’hôtel.

  • Nouveau centre des sciences de la société

    Nouveau centre des sciences de la société

    L’Alte Gewerbeschule, autrefois construite dans le style néo-Renaissance allemand, reste, après sa rénovation complète, un lieu marquant sur le plan architectural et culturel. Le canton de Bâle-Ville investit environ 63 millions de francs dans la rénovation, qui respecte des directives strictes en matière de protection des monuments et des normes actuelles d’accessibilité et d’efficacité énergétique. Les services spécialisés et les planificateurs généraux travaillent en étroite collaboration avec le service cantonal de conservation des monuments historiques afin de préserver la façade, les espaces intérieurs et les détails historiques.

    Grâce à la rénovation, huit départements universitaires, le décanat et des services centraux seront concentrés sur la place Saint-Pierre, ce qui renforcera le dialogue scientifique et l’utilisation de ressources communes. L’UVB Sciences de la société disposera d’une nouvelle bibliothèque moderne dans la cour intérieure et d’espaces d’apprentissage et de travail attrayants au rez-de-chaussée surélevé. Il en résulte un centre universitaire pour les sciences humaines et culturelles avec une grande qualité de séjour et une infrastructure optimale.

    Une rénovation placée sous le signe de l’avenir
    Les travaux de construction ont débuté en novembre 2025 et dureront jusqu’à l’été 2029. Le bâtiment sera modernisé sur le plan énergétique, mis aux normes antisismiques et les sites contaminés seront éliminés. Le nouvel aménagement des espaces allie fonctionnalité et protection du patrimoine. Les éléments de construction caractéristiques seront restaurés, l’infrastructure technique et la flexibilité d’utilisation seront mises au niveau d’un campus moderne. Elle est réalisée sous la direction du service cantonal de conservation des monuments historiques et d’architectes spécialisés, accompagnés par des comités d’experts fédéraux, afin d’assurer une protection maximale de la substance historique.

    L’ancienne école des arts et métiers de Bâle devient une passerelle innovante entre l’excellence académique et l’identité historique. Un signal fort pour l’avenir de l’apprentissage urbain.

  • Le jumeau numérique rend l’invisible visible

    Le jumeau numérique rend l’invisible visible

    Au cœur du projet se trouve un copilote numérique qui agit comme un assistant intelligent et aide à la prise de décision en matière de restauration. Grâce à des scans laser et des relevés photogrammétriques, un jumeau 3D précis de la cathédrale est créé, complété par des données détaillées sur chaque pierre. L’âge, la composition des matériaux et l’état sont documentés de manière scientifique

    Parallèlement, les charges mécaniques dans la structure sont simulées à l’aide de méthodes telles que Thrust Network Analysis. Les dommages ne sont pas seulement visibles, ils sont également localisés dans l’espace et leur évolution est compréhensible. Les technologies XR présentent aux restaurateurs, aux ingénieurs et aux architectes des hologrammes interactifs directement sur l’ouvrage original

    Le climat comme défi
    L’équipe de l’ETH Zurich met en corrélation les extrêmes météorologiques locaux, comme la pluie provoquée par le vent, avec les images réelles des dégâts sur les grès. Des capteurs mesurent l’humidité et le microclimat ; les données ainsi obtenues sont intégrées dans des modèles qui prévoient les évolutions futures en cas de changement climatique croissant. Il en résulte des stratégies pour la conservation à long terme de la structure des bâtiments, adaptées aux contraintes climatiques individuelles du site

    Nouvelles normes pour les bâtiments dans le monde entier
    Le projet « Heritage  » est un modèle de numérisation pour la protection du patrimoine. La combinaison du jumeau numérique, de la XR et de l’IA est transposable aux ponts, châteaux et autres monuments historiques. L’application publique pour l’anniversaire de la cathédrale communique la restauration de manière transparente et participative aux visiteurs. La protection du patrimoine n’est pas seulement plus efficace, elle devient accessible à tous.

  • Shanghai pose un complexe de Shikumen avec des robots

    Shanghai pose un complexe de Shikumen avec des robots

    Avec ce projet, la ville de Shanghai démontre sa capacité à concilier protection du patrimoine et développement urbain. Le complexe Huayanli, construit entre 1920 et 1930, fait partie du quartier de Zhangyuan, dont l’histoire remonte à plus de 140 ans. Avec une superficie totale de 4 030 mètres carrés et trois bâtiments en brique et en bois, il est non seulement important d’un point de vue architectural, mais constitue également un témoignage significatif de l’identité urbaine.

    Le déplacement temporaire est nécessaire pour construire en dessous un complexe souterrain de trois étages de plus de 53 000 mètres carrés. Il comprendra des espaces culturels et commerciaux, plus de 100 places de parking et sera relié à trois lignes de métro. Un projet ambitieux dans un environnement historique densément construit.

    Travail de précision robotisé dans le cœur historique
    Compte tenu de l’étroitesse des ruelles et du manque d’espace, l’équipe de construction a fait appel à une combinaison de technologies de pointe et de robotique sur mesure. Au total, 432 robots automoteurs déplacent l’ensemble à une vitesse d’environ 10 mètres par jour. Une prouesse logistique qui permet de minimiser les perturbations tout en assurant une précision maximale.

    En outre, des robots miniaturisés ont été utilisés pour les travaux de fondation, se déplaçant à travers des portes et des couloirs étroits grâce à un contrôle à distance. Avec l’aide de la modélisation des données du bâtiment (BIM) et de la numérisation de nuages de points, des modèles 3D précis de l’existant ont été créés afin d’identifier rapidement les collisions potentielles et les défis statiques.

    Déplacement de terre intelligent et interventions peu invasives
    Les robots de déplacement de terre avec bras de préhension pliables, développés en interne, constituent une autre innovation technique. Ceux-ci peuvent se déplacer dans des espaces de moins de 1,2 mètre de large et utilisent des algorithmes d’apprentissage en profondeur pour distinguer le son des obstacles. Cela permet au projet de construction d’avancer avec une grande efficacité et un risque minimal pour le patrimoine historique, malgré l’étroitesse des lieux.

    Zhang Yi, directeur général de la filiale de Shanghai Construction No 2 en charge de la rénovation urbaine, explique la démarche : « Nous avons conçu plusieurs voies de transport sinueuses pour les déblais et mis en place un système de convoyeurs comme dans une usine. Cela permet de réduire les perturbations tout en atteignant des vitesses de travail élevées »

    Combinaison de l’ancien et du nouveau
    Le projet est plus qu’une simple prouesse technique. Il est exemplaire d’une vision urbaine qui considère le patrimoine historique non pas comme un obstacle mais comme une ressource. Une fois les travaux terminés, le complexe Huayanli retrouvera son emplacement d’origine. Mais au-dessus d’une infrastructure moderne qui le reliera aux immeubles, aux centres commerciaux et aux quartiers résidentiels environnants. L’intégration de mesures de conservation en surface avec des installations souterraines modernes offre un modèle de revitalisation durable des quartiers historiques dans les métropoles en pleine croissance. Pour Shanghai et pour les urbanistes et ingénieurs internationaux, ce projet est une étape importante. Il montre comment l’identité culturelle et la modernisation urbaine peuvent se combiner en un tout harmonieux.

  • Conservation du patrimoine et technologie en harmonie

    Conservation du patrimoine et technologie en harmonie

    Selon un communiqué, l’entreprise de construction STRABAG AG, dont le siège est à Schlieren, assume avec son département Bâtiment « des tâches centrales dans le cadre de la rénovation complète du Landhaus de Soleure ». Outre les mesures de modernisation de l’infrastructure technique du bâtiment (sanitaire, ventilation, éclairage et technique de scène), l’accent est mis sur la modernisation du système de chauffage.

    Celui-ci sera converti à une production d’énergie respectueuse des ressources au moyen d’une pompe à chaleur. L’eau de l’Aar sera utilisée comme source de chaleur pour alimenter le Landhaus ainsi que les bâtiments publics voisins tels que l’auberge de jeunesse, l’école Kollegium et le théâtre municipal.

    L’emplacement entre la vieille ville et la rivière Aare nécessite une attention logistique. Ainsi, les livraisons de matériaux et l’évacuation des déchets devraient avoir lieu le matin, afin que la promenade puisse être utilisée comme lieu de promenade à partir de midi.

    De plus, il faut tenir compte des exigences élevées de la protection des monuments. La maison de campagne classée monument historique ressemble à une « œuvre d’art architecturale sinueuse avec six niveaux, chacun ayant son propre besoin de rénovation ». La procédure exige du « doigté » pour préserver le caractère historique et la substance du bâtiment. Les escaliers originaux en calcaire de Soleure, en particulier, doivent être conservés dans leur caractère unique, explique-t-on. Des dispositifs de protection spéciaux ont été mis en place à cet effet.

    Les électeurs soleurois avaient approuvé la remise en état en octobre 2023. Les travaux de construction sont en cours depuis janvier 2025. La fin des travaux est prévue pour octobre 2026. En janvier, le chantier devrait être interrompu par égard pour les Journées cinématographiques de Soleure 2026.

  • Comment des réglementations absurdes freinent la construction de logements

    Comment des réglementations absurdes freinent la construction de logements

    Dans les villes suisses, les logements locatifs sont rares et chers, et les raisons en sont multiples. L’un des facteurs décisifs est le temps d’attente de plus en plus long entre la demande de permis de construire et l’obtention du permis de construire. Au cours des dix dernières années, le nombre de jours d’attente a augmenté d’environ 12% en moyenne dans toute la Suisse. Alors qu’il y a dix ans, les demandes de permis de construire nécessitaient en moyenne 118 jours pour être approuvées, ce chiffre est passé à 133 jours aujourd’hui.

    Les cantons de Genève, Fribourg et Bâle-Ville sont particulièrement touchés, où l’examen d’une demande de permis de construire peut prendre jusqu’à 188 jours. Dans le canton de Zurich, le temps d’attente est également considérable, avec 152 jours. Ces retards sont le symptôme de problèmes plus profonds dans le secteur de la construction en Suisse.

    Des réglementations absurdes comme frein
    Les architectes et les professionnels considèrent les réglementations absurdes en matière de construction comme un obstacle majeur à la construction rapide de nouveaux logements locatifs dans les centres urbains. Peter Sturzenegger, propriétaire du cabinet d’architectes Isler Architekten AG à Winterthour, cite l’exemple du supplément pour longueurs supplémentaires (MLZ). Cette disposition impose d’augmenter la distance à la limite pour les bâtiments de plus de 14 mètres de long, ce qui a rendu de nombreux projets de construction impossibles. A Winterthur, la suppression de cette règle est prévue pour fin 2025, mais dans d’autres villes comme Zurich, son avenir reste incertain.

    Des lois obsolètes et leurs conséquences
    Un autre exemple de règles de construction obsolètes est l’alignement des pièces d’habitation dans le canton de Zurich. La loi sur la planification et la construction exige que les pièces d’habitation ne soient pas majoritairement orientées vers le nord-est ou le nord-ouest, afin de maximiser la lumière du jour et d’éviter la formation de moisissures. Pascal Müller, du cabinet Müller Sigrist Architekten AG, affirme toutefois que cette disposition n’est plus d’actualité dans le contexte des conditions urbaines actuelles, telles que la pollution sonore et le changement climatique.

    Outre les obstacles légaux, Müller critique également le rôle des tribunaux. La multiplication des jurisprudences et des décisions de justice crée des incertitudes pour les maîtres d’ouvrage, car elles modifient constamment les règles et limitent considérablement la marge de manœuvre des concepteurs.

    Protection du patrimoine et rénovation énergétique
    L’architecte argovien Daniel Huber souligne que les directives restrictives en matière de protection du patrimoine et les exigences complexes en matière de rénovation énergétique constituent d’autres freins. Pour lui, le manque d’uniformité dans l’application des règles de construction, qui dépendent fortement de l’interprétation des autorités compétentes, est particulièrement problématique.

    La masse des prescriptions comme problème central
    La Société Suisse des Entrepreneurs considère le nombre croissant et la complexité des prescriptions en matière de construction comme le plus grand défi. Jacqueline Theiler, responsable de la communication de l’association, explique que la densité croissante des réglementations et les procédures de recours qui en découlent allongent considérablement les procédures d’autorisation de construire. Selon elle, la surinterprétation par le Tribunal fédéral des dispositions existantes en matière de bruit est particulièrement problématique.

    L’association fonde désormais ses espoirs sur des modifications rapides de la législation par le Parlement, afin de relancer la construction de logements qui piétine et de réaliser les logements dont la Suisse a un besoin urgent.

  • Neuchâtel équipe trois monuments historiques de 33 300 tuiles solaires

    Neuchâtel équipe trois monuments historiques de 33 300 tuiles solaires

    Selon un communiqué de presse, les toits de trois bâtiments classés de la ville de Neuchâtel seront désormais utilisés pour la production d’énergie durable. Pour ce faire, le Collège des Parcs de la ville ainsi que les bâtiments scolaires et universitaires cantonaux Beaux-Arts et A.-L. Breguet seront équipés d’un total de 33’300 tuiles solaires de Freesuns. Le projet de rénovation est soutenu par le centre de recherche et de développement CSEM. Pour la ville et le canton, il s’agit d’un pas supplémentaire vers la transition énergétique.

    Selon le communiqué, le collège peut produire lui-même 150’000 kilowattheures d’électricité par an, ce qui correspond à la consommation de 50 ménages suisses. Sur les bâtiments cantonaux, la puissance installée est de 130 kilowatts crête pour A.-L. Breguet et de 95 kilowatts crête pour les Beaux-Arts.

    Les conditions architecturales ont nécessité des solutions spéciales : Au Collège des Parcs, les tuiles devaient être installées de manière à suivre les lignes courbes du toit sans l’endommager.

    La conversion de bâtiments historiques à l’énergie solaire pourrait servir d’exemple à d’autres cantons et communes. Les tuiles pourraient « permettre de trouver un équilibre entre la préservation culturelle et le développement durable », selon Deborah Learoyd, directrice générale de Freesuns.

    Les projets de rénovation montrent « de manière exemplaire comment nous pouvons combiner les tuiles, le photovoltaïque, la transition énergétique et la préservation du patrimoine architectural », selon Matthieu Despeisse, Group Leader Solar Modules au CSEM.

    Les travaux devraient s’achever entre septembre et novembre 2024. Le CSEM et Freesuns envisagent de poursuivre leur coopération.

  • Site alternatif pour une centrale énergétique à Zurich

    Site alternatif pour une centrale énergétique à Zurich

    L’étude de faisabilité menée par le Swiss Center of Applied Underground Technologies en collaboration avec Amberg Engineering AG, Rapp AG, ainsi que des experts de l’ETH Zurich et de la Haute école de Lucerne a confirmé qu’il existe des sites souterrains à Zurich qui se prêtent à la construction d’une centrale énergétique. La construction d’une caverne sous le laboratoire de machines de l’ETH est particulièrement visée. Le tunnel de Lettonie désaffecté pourrait être utilisé comme puits d’accès afin de garantir une desserte sans émissions graves.

    En outre, il serait possible d’utiliser le tunnel de Lettonie comme site de stockage de chaleur. Selon les experts de la HSLU, toutes les émissions de CO2 de CoolCity pourraient être évitées de cette manière. Cela permettrait à la ville de mieux atteindre ses objectifs climatiques qu’avec le site de Selnau, où il est prévu de brûler du gaz pour compenser les charges de pointe et où la chaleur excédentaire devrait être évacuée dans la Limmat.

    Un site souterrain présente également des avantages en termes de rapidité de réalisation et de coûts. Contrairement au site de Selnau, le site sous l’EPF ne nécessite pas d’autorisations de la part de la protection des monuments historiques et réduit au minimum la pollution de la nappe phréatique. Par rapport à la sous-station de Selnau, les ingénieurs de SCAUT estiment que les coûts supplémentaires pour la construction d’une centrale énergétique se situent entre 15 et 30 millions de francs, auxquels il faut ajouter environ 20 millions de francs pour un stockage de chaleur. Toutefois, cette somme est à mettre en regard des avantages d’un grand bâtiment en surface, qui peut être utilisé pendant des décennies, et des atouts d’une construction souterraine en termes de climat et d’environnement.

  • La protection du patrimoine à Zoug sous le feu des critiques

    La protection du patrimoine à Zoug sous le feu des critiques

    La loi révisée sur la protection des monuments historiques zougois est entrée en vigueur en 2019 et limite la protection aux bâtiments « extrêmement importants ». En conséquence, de nombreux monuments historiques du canton de Zoug, qui sont précieux mais pas « extrêmement importants », sont menacés. Les critiques font valoir que ce critère strict concerne des monuments mondialement connus comme la cathédrale Notre-Dame ou la cathédrale de Cologne, mais pas des monuments locaux comme le Zurlaubenhof.

    Opposition et décision du Tribunal fédéral
    Le Zuger Heimatschutz avait contesté la loi pour violation de la Convention de Grenade, un traité international sur la protection des monuments historiques. Le Tribunal fédéral leur a donné partiellement raison, mais la décision n’a pas été confirmée dans une affaire plus récente, ce qui fait que de nombreux bâtiments du canton de Zoug sont toujours menacés.

    Perspectives d’avenir
    Selon des décisions de justice récentes, de nombreux bâtiments historiques de Zoug ne sont pas protégés. Les propriétaires et les résidents qui souhaitent protéger ces bâtiments sont désormais confrontés au défi de contester la légalité des lois et de supporter les frais de justice qui en découlent. Ils peuvent invoquer des conventions internationales et des décisions de justice antérieures, mais les obstacles sont nombreux. Patrimoine suisse regrette que la décision antérieure de la Cour fédérale n’ait pas été confirmée.