Étiquette : Digitalisierung Immobilien

  • Un panorama de l’immobilier numérique

    Un panorama de l’immobilier numérique

    PropTech désigne des solutions numériques, technologiques et basées sur les données qui améliorent, automatisent ou transforment les processus, les produits ou les modèles commerciaux du secteur immobilier. Il s’agit notamment de plateformes logicielles, d’analyses IA, de systèmes de construction intelligents, de modèles de transaction numériques, d’outils de rénovation et d’évaluation basés sur les données, de solutions d’optimisation énergétique ainsi que de technologies immersives telles que les visualisations 3D, la réalité augmentée et les jumeaux numériques. Les PropTech s’étendent ainsi à l’ensemble du cycle de vie d’un bien immobilier. De la planification et du développement à la rénovation et à la transaction, en passant par la gestion.

    Frontières floues du terme
    La notoriété croissante des PropTech s’accompagne d’un désir croissant de nombreuses start-ups de faire partie de ce domaine. Des entreprises de domaines voisins comme les FinTech, les GreenTech, les Bau-Tech, les InsurTech ou des fournisseurs de logiciels génériques se positionnent de plus en plus comme PropTech, même si l’immobilier n’est qu’un thème marginal. Cela a pour conséquence que des outils sont encadrés a posteriori comme des solutions immobilières et que le secteur apparaît plus grand sur les cartes, les rapports et les classements qu’il ne l’est au sens strict. La PropTech Map Switzerland montre ainsi non seulement la force de l’écosystème, mais aussi son flou conceptuel.

    Clusters, catégories et hotspots régionaux
    La carte révèle une nette concentration géographique. Les entreprises PropTech sont particulièrement bien représentées dans les régions de Zurich, Zoug, Lausanne et Bâle. Tous ces lieux sont dotés de hautes écoles, de parcs technologiques et d’une forte densité économique. De nombreuses entreprises sont des spin-offs de l’ETH et de l’EPFL, ce qui souligne la forte concentration de la scène suisse sur la recherche et la technologie. En termes de contenu, la map couvre un large éventail allant de la gestion des actifs, de la construction et du développement aux outils énergétiques et climatiques, aux applications blockchain, aux plateformes financières et aux services logiciels spécialisés, en passant par les places de marché numériques, les plateformes de location et de vente et les technologies 3D et de smart building.

    Croissance, internationalisation et professionnalisme accru
    L’augmentation continue du nombre d’inscriptions montre que des dizaines de nouvelles entreprises viennent s’ajouter chaque année, complétées par des acteurs du marché établis qui élargissent leur modèle d’affaires au numérique, ainsi que par des fournisseurs internationaux qui s’ouvrent au marché suisse. De nombreuses PropTechs opèrent depuis longtemps au-delà des frontières nationales et étendent leurs solutions aux marchés européens et mondiaux. Parallèlement, l’écosystème se professionnalise. La PropTech Map ne reproduit pas seulement les logos, mais aussi l’orientation thématique et le positionnement des entreprises. La Map devient ainsi un point de repère central pour les investisseurs, les entreprises immobilières, les administrations et les universités.

    Vous trouverez ici la PropTech Map Switzerland

  • La numérisation dans le secteur immobilier : des progrès avec des vents contraires

    La numérisation dans le secteur immobilier : des progrès avec des vents contraires

    Le degré de maturité numérique du secteur a légèrement baissé en 2025. C’est ce que montre le Digital Real Estate Index 2025 : sur une échelle de 1 à 10, le degré de numérisation du secteur immobilier se situe actuellement à 4,0 points, un recul par rapport à l’année précédente (2024 : 4,6 points). Les raisons de cette situation sont multiples. Complexité croissante, qualité insuffisante des données, pression sur les coûts. Cette évolution touche presque toutes les tailles d’entreprises et tous les rôles, mais à des degrés divers.

    Le fossé numérique se creuse
    Un « digital divide » est particulièrement visible en ce qui concerne la taille des entreprises. Bien que le recul touche toutes les catégories, ce sont surtout les petites entreprises qui luttent le plus contre les efforts et le financement de la numérisation. Les moyennes et grandes entreprises peuvent partiellement maintenir leur avance.

    Rôles en mutation
    De grandes différences apparaissent entre les différents rôles. Les prestataires de services de Facility Management et les exploitants ont même pu légèrement augmenter leur maturité numérique. Il en va autrement des planificateurs, des entreprises de construction ainsi que des propriétaires et des investisseurs : Ici, la désillusion se répand en ce qui concerne la maturité numérique. En particulier, l’utilisation continue de la modélisation des informations du bâtiment (BIM) tout au long du cycle de vie reste un grand défi. Les utilisateurs et les locataires sont plus critiques que l’année précédente quant à leur maturité numérique.

    Un sentiment de stagnation plutôt qu’une ambiance de renouveau
    La perception du secteur coïncide de plus en plus avec les valeurs mesurées. L’année dernière déjà, on avait pu observer une augmentation des estimations critiques. Une tendance qui se manifeste encore plus fortement cette année. Une grande partie des personnes interrogées parlent de stagnation plutôt que de grands progrès.

    Les technologies : Utilité reconnue, utilisation limitée
    L’intelligence artificielle a trouvé sa place dans la conscience du secteur. Dans le classement des technologies numériques les plus utiles, l’Artificial Intelligence & Machine Learning occupe la troisième place. Ce n’est guère surprenant au vu de l’évolution rapide et de la présence croissante de l’IA sous la forme de Large Language Models (LLM). L’utilisation effective est toutefois à la traîne : moins d’un cinquième des personnes interrogées ont déjà recours à cette technologie. Il en va de même pour l’analyse des données. Le secteur y voit également une grande utilité et s’efforce de l’utiliser de plus en plus, mais le potentiel n’est toujours pas épuisé. Les plateformes et les portails restent en tête des technologies.

    Conclusion : maturité signifie aussi réflexion
    Le recul actuel de la maturité numérique ne marque pas un retour en arrière, mais une phase de mise en perspective. En effet, le secteur immobilier a compris que la maturité numérique ne résulte pas de l’achat d’outils, mais de leur utilité mesurable. Après une première poussée de numérisation, la désillusion suit, déclenchée par des efforts d’intégration élevés, l’absence de normes et des stratégies de données insuffisantes. Parallèlement, la compréhension de son propre degré de maturité s’est accrue.

    Le regard devient ainsi plus critique, mais aussi plus lucide. On se rend de plus en plus compte que de nombreuses initiatives numériques échouent parce qu’elles sont mises en œuvre comme des projets purement informatiques et que les facteurs organisationnels et humains ne sont pas suffisamment pris en compte. Sans une gouvernance claire, des compétences adaptées et une implication conséquente des collaborateurs, la valeur ajoutée reste limitée.

    Une attitude plus réaliste ouvre la possibilité de concevoir les étapes futures de manière plus ciblée, plus efficace et plus fructueuse à long terme. De véritables progrès sont réalisés lorsque la transformation numérique n’est plus considérée comme un projet avec une date de fin, mais qu’elle est reconnue comme une tâche de gestion durable.

  • Pourquoi le secteur immobilier aborde-t-il sa numérisation ?

    Pourquoi le secteur immobilier aborde-t-il sa numérisation ?

    Monsieur Caspar, pom est considéré comme l’une des entreprises de conseil qui donnent le ton dans les domaines de la numérisation, de la transformation et du développement immobilier durable. Comment décririez-vous votre rôle au sein de cet écosystème ?
    Chez pom, nous nous considérons comme un intermédiaire entre la recherche, le développement et la pratique du secteur immobilier. Notre rôle est d’identifier rapidement les nouveaux thèmes, de classer les tendances et de développer une compréhension de ce qui fera bouger le secteur à l’avenir. Nous traduisons ces connaissances en cas d’application concrets, en recommandations et en bases de décision pour nos clients. Nous aidons les entreprises à séparer ce qui est important de ce qui ne l’est pas et à se concentrer de manière ciblée sur les méthodes, les technologies et les données qui créent réellement une valeur ajoutée pour leur rôle dans le secteur immobilier.

    Quels sont les sujets qui préoccupent le plus vos clients actuellement : les données, les processus, l’organisation ou la technologie ?
    Il n’y a pas de réponse simple à cette question. Ces dernières années, l’accent a été mis sur la technologie. De nombreuses entreprises ont introduit de nouveaux systèmes et lancé de nombreux projets de numérisation. Cela a certes permis de faire des progrès, mais a également conduit à une certaine désillusion. Les projets se sont avérés plus compliqués, plus coûteux et plus complexes que prévu. Souvent, c’est parce que les données et les processus ont été sous-estimés. Nous observons actuellement une nette évolution : les projets purement technologiques sont délaissés au profit d’approches davantage axées sur les données et les processus. L’engouement actuel pour l’IA renforce encore cette évolution.

    pom souligne que les données sont le fondement de la gestion immobilière moderne. Où se situent aujourd’hui les entreprises suisses en matière de data readiness ?
    En principe, les entreprises immobilières suisses ne sont pas en mauvaise posture. La plupart d’entre elles disposent d’une « data readiness » suffisante pour exploiter leurs processus clés de manière fiable et répondre aux questions pertinentes des parties prenantes. Pour cela, les données doivent être structurées, cohérentes et disponibles dans toute l’entreprise. Les limites apparaissent au plus tard pour les thèmes à forte intensité de données comme l’ESG. Un autre point important est la collaboration au-delà des frontières de l’entreprise. Le secteur immobilier a toujours été fortement interconnecté. Une plus grande Data Readiness est décisive pour rendre cette collaboration plus efficace, plus numérique et plus automatisée à l’avenir.

    Quels sont les malentendus les plus fréquents concernant la numérisation des portefeuilles immobiliers ?
    Les efforts et la complexité sont souvent sous-estimés. La mise à disposition et la préparation des données nécessaires sont notamment évaluées de manière trop optimiste. Les données sont certes disponibles, mais souvent pas dans la qualité ou la structure nécessaire. Cela entraîne des retards, des coûts supplémentaires et une charge de travail supplémentaire pour les départements spécialisés qui devraient en fait s’occuper de leur activité principale. Une autre idée fausse est que les projets de numérisation peuvent être mis en œuvre « en passant ». Souvent, les structures de projet professionnelles et le savoir-faire correspondant font défaut. Cela a des répercussions négatives sur la motivation, l’acceptation et, en fin de compte, la réussite du projet.

    Quelles sont les évolutions technologiques qui vont le plus modifier le secteur immobilier au cours des 5 à 10 prochaines années ?
    En principe, nous distinguons deux niveaux : la numérisation de l’immeuble lui-même et la numérisation des entreprises qui exploitent ces immeubles. Au niveau des bâtiments, nous constatons de grands progrès dans le cloud, l’IoT et les modèles numériques. La représentation numérique des biens immobiliers, souvent appelée Digital Twin, devient de plus en plus standard et permet de nouvelles formes d’automatisation.Au niveau des entreprises, l’évolution sera fortement marquée par l’IA et la numérisation des processus. Un petit nombre d’applications clés, combinées à des plateformes low-code flexibles, permettront d’automatiser les processus de manière efficace, y compris à l’échelle de l’entreprise.

    De nombreuses entreprises expérimentent l’IA. Où voyez-vous des champs d’application réalistes dans les 24 prochains mois ?
    À court terme, un grand potentiel réside dans l’analyse et l’évaluation de documents et de données non structurées. Les contenus peuvent être résumés, évalués et créés plus rapidement. Une autre étape importante est l’intégration d’outils d’IA dans le travail quotidien, par exemple comme solutions d’assistance. Dans une prochaine étape, ces systèmes seront de plus en plus liés à des données spécifiques à l’entreprise. Le reporting et l’analyse vont également changer : au lieu de rapports fixes, les informations seront rassemblées en fonction de la situation et des besoins.

    Quels risques voyez-vous dans l’utilisation de l’IA dans le secteur immobilier ?
    Nous ne voyons pas les plus grands défis dans le domaine réglementaire, mais plutôt au niveau culturel et technologique. De nombreuses entreprises ne disposent pas encore des compétences et des structures nécessaires pour gérer les données et la technologie. De plus, le marché suisse est très fragmenté et hétérogène, ce qui rend difficile l’introduction de solutions standardisées. Le secteur immobilier fonctionne par projets et avec peu de logique de série. Cela ralentit encore l’introduction de nouvelles technologies.

    Rate of Adoption plutôt que technologie : où se situent les principaux obstacles culturels ?
    Un obstacle central est que la numérisation n’est pas encore ancrée comme un thème stratégique dans de nombreuses entreprises. Le manque de compétences, le manque de clarté des responsabilités et l’attente d’une mise en œuvre de la numérisation « en passant » freinent la mise en œuvre. De plus, il manque souvent la volonté de remettre en question et de modifier de manière conséquente les méthodes de travail existantes.

    Comment la numérisation modifie-t-elle les rôles dans les entreprises immobilières ?
    Les compétences numériques feront à l’avenir partie des qualifications de base de nombreux rôles. L’accent est moins mis sur une compréhension approfondie de la technique que sur des connaissances sûres de l’utilisateur. Parallèlement, de nouveaux rôles apparaissent, par exemple pour la gestion de projets de numérisation et de plateformes numériques. Ces fonctions veillent à ce que les systèmes soient utilisés, développés et exploités de manière judicieuse.
    Ainsi, les gestionnaires d’actifs, de biens et d’installations peuvent continuer à se concentrer sur leur cœur de métier.

    Qu’est-ce qui caractérise une entreprise numériquement mature ?
    Une entreprise mature sur le plan numérique ancre la numérisation, la technologie et les données au plus haut niveau de la direction. Il existe une position stratégique claire, des objectifs et des responsabilités définis. La numérisation n’est pas déléguée à l’informatique, mais considérée comme une tâche entrepreneuriale.
    De plus, une telle entreprise dispose des rôles, des processus et des compétences nécessaires pour développer en permanence des solutions numériques et les adapter à l’évolution du contexte.

    ESG et PropTech se rejoignent. Quelles sont les technologies qui créent déjà un véritable impact ?
    L’ESG est un sujet fortement axé sur les données. Tout au long de la chaîne de données, de la mesure à l’indicateur, il existe aujourd’hui des solutions qui fonctionnent. Les compteurs intelligents, les évaluations automatisées des factures d’énergie et le regroupement des données sur plusieurs bâtiments sont techniquement faciles à mettre en œuvre. Le défi réside moins dans les modules individuels que dans l’intégration et l’automatisation continues au sein des entreprises. Nous ne voyons pas encore de solution globale tout-en-un.

    Où voyez-vous les plus grandes lacunes entre les exigences et la réalité du marché ?
    Les plus grandes lacunes apparaissent lorsque les exigences ne sont mises en œuvre que ponctuellement, sans prendre en compte l’ensemble de la chaîne de création de valeur. C’est précisément dans le cas des thèmes axés sur les données que l’on constate que les possibilités techniques existent, mais que les conditions organisationnelles et structurelles font souvent défaut.

    Comment jugez-vous le degré de maturité du marché suisse des PropTech en comparaison internationale ?
    La Suisse dispose d’une scène PropTech très vivante et innovante. De nombreuses solutions connaissent un succès international. Le plus grand défi réside dans l’évolutivité en raison de la taille du marché et des structures fédérales. Dans l’ensemble, le niveau de maturité est toutefois élevé et compétitif.

    Quels sont les domaines de la PropTech qui sont sous-développés et ceux qui sont en surchauffe ?
    Le domaine ESG est actuellement en forte surchauffe. Il existe une multitude de solutions, ce qui entraîne un certain désenchantement. En comparaison internationale, l’utilisation systématique du BIM tout au long du cycle de vie des biens immobiliers est particulièrement sous-développée. D’autres pays sont plus avancés dans ce domaine, notamment lorsqu’il s’agit d’investisseurs institutionnels.

    Où voyez-vous un potentiel pour des partenariats entre des entreprises établies et des startups ?
    Les partenariats offrent un grand potentiel, mais ils sont exigeants. Les entreprises établies pensent à long terme, les startups agissent de manière dynamique et innovante. Les coopérations sont fructueuses lorsqu’il existe une compréhension mutuelle et que des attentes claires sont définies, que ce soit dans le cadre de projets, de partenariats ou de modèles de promotion ciblés.

    Quelles sont les évolutions qui vous surprennent particulièrement actuellement, positivement ou négativement ?
    L’engouement pour l’IA est à la fois positif et stimulant. Positif, car il favorise l’innovation, l’efficacité et de nouvelles façons de penser. Négatif, car les attentes à court terme sont souvent surestimées. Le succès durable exige une réflexion approfondie sur les données, les processus et la gouvernance.

    Si vous pouviez changer immédiatement un sujet dans le secteur, quel serait-il ?
    Je souhaiterais davantage de continuité sur l’ensemble du cycle de vie des biens immobiliers.
    Les méthodes de travail basées sur des projets et fortement individualisées rendent difficile l’utilisation de solutions numériques évolutives. Des approches telles que la préfabrication et les méthodes de construction standardisées pourraient aider à faire des sauts technologiques sans perdre la qualité et la liberté de conception.

    Qu’est-ce qui vous pousse personnellement à faire avancer la transformation du secteur ?
    Ce qui me motive, c’est le changement, les nouveaux projets et la possibilité de faire évoluer les choses.
    L’immobilier est un domaine particulièrement passionnant à cet égard, car il façonne notre vie quotidienne, de l’habitat au travail. Je trouve que la numérisation et la transformation dans ce contexte sont porteuses de sens et très pertinentes.