Étiquette : Ständerat

  • Protéger plus efficacement la propriété contre les squatters

    Protéger plus efficacement la propriété contre les squatters

    Le Conseil des Etats a adopté lundi à une large majorité la proposition du Conseil fédéral de modifier le Code civil. Désormais, les propriétaires devraient pouvoir récupérer eux-mêmes leur bien immobilier dans un « délai raisonnable » après avoir été informés d’une occupation. Jusqu’à présent, la condition était « immédiatement ». Cette modification donne aux propriétaires plus de flexibilité et de marge de manœuvre en cas d’occupation illégale.

    Expulsion rapide même en cas d’occupants inconnus
    En outre, la deuxième innovation centrale de la loi doit permettre aux propriétaires d’obtenir plus rapidement une expulsion, notamment lorsque le nombre ou l’identité des occupants n’est pas clair. L’objectif est d’éviter que des occupations illégales ne se poursuivent à long terme et que les propriétaires ne doivent supporter des coûts consécutifs élevés.

    Voix controversées du Conseil des États
    Le projet n’a toutefois pas fait l’unanimité. Carlo Sommaruga, conseiller aux Etats socialiste de Genève, a critiqué le renforcement de la loi, le jugeant superflu puisque de nombreux squats sont de toute façon réglés par des conventions d’occupation temporaire. Selon Sommaruga, la hausse des loyers et la pénurie de logements sont bien plus pertinentes dans ce contexte.

    Poursuite du processus au Parlement
    Bien que l’objet présente encore une petite divergence entre les deux chambres, la voie est en principe ouverte pour une position plus forte des propriétaires en cas de squat. Le projet retourne maintenant au Conseil national pour être mis au point.

  • Nécessité d’une action légale en cas de défauts de construction

    Nécessité d’une action légale en cas de défauts de construction

    La situation juridique actuelle s’avère désavantageuse pour les acheteurs de logements neufs et les constructeurs privés. Des clauses contractuelles problématiques, qui se sont développées dans la pratique, les désavantagent considérablement. La loi existante part du principe que deux parties à la négociation ont le même pouvoir, ce qui n’est pas le cas dans la réalité. Les entrepreneurs et vendeurs professionnels dictent les conditions du contrat, tandis que les maîtres d’ouvrage privés n’ont aucun pouvoir de négociation en raison de la forte demande sur le marché immobilier. Cette mentalité « à prendre ou à laisser » les soumet à une pression considérable.

    Les propositions du Conseil national : suppression du délai de réclamation séparé
    Le Conseil national a créé un projet pratique dont la pièce maîtresse est la suppression du délai de réclamation séparé pour les défauts. Actuellement, les acheteurs et les maîtres d’ouvrage doivent respecter deux délais : le délai de réclamation et le délai de prescription. Le délai de réclamation exige une notification détaillée des défauts à la bonne personne dans un bref délai. Si ce délai n’est pas respecté, l’acheteur et le maître d’ouvrage perdent tous leurs droits de garantie. Le délai de prescription est la deuxième condition. La suppression du délai de réclamation résoudrait le principal problème, à savoir que de nombreuses personnes perdent leurs droits légaux en matière de responsabilité parce qu’elles ne peuvent pas signaler à temps les défauts de construction. HEV Suisse a soutenu cette décision du Conseil national.

    La position du Conseil des États : prolongation du délai de réclamation, mais pas de suppression
    Le Conseil des États reconnaît la nécessité d’agir pour améliorer la responsabilité en cas de défauts de construction, mais maintient le délai de réclamation, même s’il est prolongé à 60 jours. Cette prolongation ne résout toutefois pas le problème fondamental de la perte des droits des acheteurs privés et des maîtres d’ouvrage en cas de non-respect des exigences légales en matière de notification des défauts dans le délai imparti.

    Pas de prolongation du délai de prescription
    Le Conseil des États se montre également inflexible en ce qui concerne le délai de prescription. Le délai actuel de cinq ans est maintenu et peut être encore réduit par contrat. Le Conseil national avait demandé que ce délai soit porté à dix ans afin de répondre aux demandes de l’acheteur en cas de défauts. L’entrée en vigueur de la prescription signifie que les propriétaires de maisons et de copropriétés ne peuvent plus faire valoir leurs droits en cas de défauts de construction et qu’ils doivent en supporter eux-mêmes les coûts. Compte tenu de la longue durée de vie de nombreux composants d’un bâtiment, ce court délai de prescription est problématique. HEV Suisse se dit déçue que les acheteurs privés non professionnels et les maîtres d’ouvrage continuent d’être désavantagés.

    Renvoi au Conseil national
    Le projet est maintenant renvoyé au Conseil national. HEV Suisse continue à s’engager pour que la situation juridique des propriétaires privés de maisons et d’étages en cas de défauts de construction soit améliorée. L’espoir demeure que de nouvelles discussions et adaptations permettront de trouver une solution qui réponde aux besoins et aux droits des maîtres d’ouvrage privés et des acquéreurs de biens immobiliers.

  • Les Chambres se mettent d’accord sur 646 millions de francs pour la promotion économique

    Les Chambres se mettent d’accord sur 646 millions de francs pour la promotion économique

    Entre 2024 et 2027, quelque 646 millions de francs au total devraient être consacrés à la promotion du site. Les deux Chambres se sont mises d’accord sur ce point, informent les services du Parlement dans un communiqué. Concrètement, le Conseil des Etats a retiré son vote en faveur d’une augmentation des moyens pour la promotion du tourisme et l’alimentation du fonds pour le développement régional. Ces deux domaines devraient recevoir pour les années à venir des moyens équivalents à ceux de la période qui s’achève.

    Le Conseil fédéral avait déjà fixé en janvier les objectifs de la promotion économique pour les années 2024 à 2027. Il s’agit d’améliorer les conditions-cadres pour les PME, de renforcer les régions et d’exploiter les opportunités offertes par la numérisation. En outre, la promotion économique doit contribuer au développement durable et renforcer l’attractivité de l’économie et du tourisme.

    La Fédération suisse du tourisme(FST) accueille l’accord des Chambres avec des sentiments mitigés. D’une part, les acteurs du secteur touristique se sont montrés soulagés « que les propositions du Conseil fédéral concernant les moyens financiers pour les instruments de promotion du tourisme aient pu être maintenues », indique la FST dans un communiqué correspondant. D’autre part, ils craignent que l’engagement prévu pour le développement durable et la numérisation soit victime du crayon rouge. En raison d’une inflation élevée sur certains marchés émetteurs, le montant inchangé des fonds signifie en outre « une réduction substantielle des moyens pour le marketing à l’étranger », écrit la fédération.

  • Le Conseil des États approuve le Message sur l’immobilier 2023

    Le Conseil des États approuve le Message sur l’immobilier 2023

    le Conseil fédéral veut investir 29,5 millions de francs dans l’extension et la rénovation du centre de recherche Agroscope de Zurich-Reckenholz. Le niveau de liaison souterrain des bâtiments administratifs et des laboratoires de la Confédération à Liebefeld (commune de Köniz BE) doit être agrandi pour 21,1 millions de francs.

    Pour 27,5 millions de francs, le Conseil fédéral veut faire construire un nouveau bâtiment et une nouvelle chancellerie pour la représentation suisse dans la capitale du Cameroun. Les deux bâtiments seront construits sur le site de l’ambassade de Suisse et remplaceront des bâtiments loués.

    Le message sur l’immobilier comprend également des dépenses de 140 millions de francs pour des projets non spécifiés individuellement et d’un montant inférieur à dix millions de francs. Le Conseil des Etats a adopté lundi à l’unanimité l’arrêté fédéral relatif au message sur l’immobilier. Il doit encore être soumis au Conseil national.

  • L’obligation d’installer des panneaux solaires sur les bâtiments est rejetée par la Commission de l’énergie

    L’obligation d’installer des panneaux solaires sur les bâtiments est rejetée par la Commission de l’énergie

    La Commission de l’énergie du Conseil des Etats a mené d’intenses discussions sur les divergences concernant la loi fédérale sur la sécurité de l’approvisionnement en électricité produite à partir d’énergies renouvelables (21.047). Elle apporte de nouvelles propositions sur de nombreux points afin de trouver un juste équilibre entre les intérêts de protection et d’exploitation et de créer ainsi un projet bénéficiant d’un large soutien. Par 8 voix contre 5, la commission propose de supprimer l’article sur la suspension des prescriptions relatives aux débits résiduels pour les centrales hydroélectriques existantes, comme l’a décidé le Conseil national. Elle souligne que la disposition proposée est discutable d’un point de vue constitutionnel. En outre, il reste suffisamment de temps pour trouver une solution équilibrée au problème de la menace de perte de production des centrales hydroélectriques existantes. Une minorité souhaite suivre le Conseil national, car sans un maintien intégral de la production d’électricité existante à partir de l’énergie hydraulique, il ne sera pas possible d’atteindre l’objectif de développement des énergies renouvelables.

    La commission se prononce en outre en faveur de la délimitation, dans les plans directeurs cantonaux, de zones adaptées à l’exploitation de l’énergie solaire et éolienne. Cette planification doit également prendre en compte les intérêts de protection. Dans les zones définies, le besoin d’installations pour l’utilisation d’énergies renouvelables doit être prouvé et les installations doivent être liées au site. En outre, elles doivent en principe primer sur les autres intérêts nationaux dans le cadre d’une pesée des intérêts. La condition est que les installations ne soient pas réalisées dans des objets d’inventaire selon l’art. 5 LPN. En outre, le projet « Chlus » doit bénéficier des mêmes allègements que les 15 projets sélectionnés dans le domaine de l’hydroélectricité à accumulation. Une minorité s’oppose à cet ajout.

    INTÉRÊT NATIONAL DES INSTALLATIONS D’UTILISATION DES ÉNERGIES RENOUVELABLES
    La commission s’est par ailleurs penchée sur les conditions-cadres des installations d’utilisation des énergies renouvelables d’intérêt national. Comme l’a décidé le Conseil national, ces installations seront toujours exclues des biotopes d’importance nationale et des réserves d’oiseaux d’eau et de migrateurs, mais elles pourront en principe être envisagées dans les nouvelles zones glaciaires et les plaines alluviales alpines. Cette exclusion ne s’appliquera pas aux installations hydroélectriques destinées à la restauration écologique. En outre, lors de la construction de centrales hydroélectriques, il devrait être possible que le tronçon à débit résiduel traverse ces zones protégées, une minorité souhaitant s’en tenir à la décision du Conseil national. Par 9 voix contre 3, la commission souhaite maintenir le fait que les électrolyseurs et les installations de méthanisation doivent également présenter un intérêt national au sens de la protection de la nature et du paysage (LPN) à partir d’une certaine taille et importance.

    UTILISATION OBLIGATOIRE DE L’ÉNERGIE SOLAIRE
    La commission rejette l’obligation d’utiliser l’énergie solaire pour toutes les nouvelles constructions ainsi que pour les projets de transformation et de rénovation importants, adoptée par le Conseil national, car elle constitue une atteinte trop importante à la propriété privée et à la souveraineté des cantons. En revanche, elle propose, par 6 voix contre 4 et 2 abstentions, d’introduire dans le droit en vigueur, pour une durée indéterminée, l’obligation d’utiliser l’énergie solaire sur les bâtiments d’une surface supérieure à 300 m2, comme le prévoit la « Loi fédérale sur des mesures urgentes visant à garantir à court terme un approvisionnement sûr en électricité en hiver » (21.501, projet 4). Une minorité demande que l’énergie solaire soit obligatoire, conformément au Conseil national, mais que cette obligation ne s’applique qu’aux nouvelles constructions et aux rénovations de toitures. En outre, la commission soutient, par 7 voix contre 3, l’obligation de recouvrir d’éléments solaires les surfaces de stationnement des véhicules à partir d’une certaine taille. Cette obligation s’appliquerait immédiatement aux nouveaux parkings de 250 m2 et aux parkings existants de 500 m2 et plus, avec une période de transition de 5 ans. Une minorité souhaite supprimer complètement cette obligation, tandis qu’une autre minorité souhaite qu’elle ne s’applique qu’à partir d’une surface de 500 m2 pour les nouveaux parkings et de 1000 m2 pour les parkings existants.

    Dans le domaine de la promotion des énergies renouvelables, la commission propose que le Conseil fédéral ait la compétence de fixer des tarifs minimaux de rachat au gestionnaire de réseau pour les installations jusqu’à 150 kW. Cela permettrait de garantir la sécurité des investissements pour les installations plus petites et donc plus coûteuses. En contrepartie, les dispositions transitoires adoptées par le Conseil national et prévoyant des rétributions fixes doivent être supprimées, car elles représentent une charge trop importante pour les gestionnaires de réseau et les consommateurs d’électricité captifs. En outre, la CEATE-E souhaite maintenir une incitation particulière à la production d’électricité en hiver dans le cadre de la prime de marché flottante. Si le prix de référence du marché de l’électricité dépasse la rétribution garantie pendant les mois d’hiver, l’exploitant de l’installation doit recevoir une part de l’excédent, à fixer par le Conseil fédéral, comprise entre 10 et 40%.

    CRÉATION D’UN MARCHÉ DES SERVICES D’EFFICACITÉ
    La commission soutient par 6 voix contre 5 et 1 abstention le programme de création d’un marché des services d’efficacité adopté par le Conseil national. Ce programme prévoit que les entreprises d’approvisionnement en énergie (EAE) doivent prouver chaque année qu’elles ont fourni un certain volume de mesures visant à améliorer l’efficacité électrique chez les consommateurs finaux ou qu’elles ont commandé ces mesures à des tiers, appelés prestataires de services d’efficacité. Ce ne sont pas les ventes d’électricité de l’entreprise d’approvisionnement en énergie qui déterminent si l’objectif est atteint ou non : les services d’efficacité constituent un nouveau domaine d’activité indépendant. Les mesures ne sont pas non plus limitées à la zone de réseau de l’entreprise d’approvisionnement en électricité concernée. Ainsi, les mesures les plus avantageuses peuvent être prises en premier dans toute la Suisse. Une minorité rejette ce programme d’efficacité en invoquant les charges d’exécution, les conflits d’objectifs des EAE et les mesures existantes pour améliorer l’efficacité.

    Sur la question de la réserve d’énergie selon l’art. 8a LApEl, la commission suit en principe la décision du Conseil national. Ainsi, les exploitants de centrales hydroélectriques à accumulation doivent pouvoir être obligés de constituer une réserve. Certaines conditions-cadres doivent cependant être modifiées : l’obligation ne doit être possible que pour les exploitants de centrales d’une capacité supérieure à 10 GWh. En outre, la rémunération pour l’eau mise en réserve doit également tenir compte de la situation actuelle du marché.

    CADRE DES RESEAUX ÉLECTRIQUES DE L’AVENIR
    Par 11 voix contre 1 et 1 abstention, la commission se prononce pour que tous les renforcements de réseau nécessaires à l’injection d’énergie renouvelable soient solidairement répercutés sur les consommateurs d’électricité de toute la Suisse. Pour les extensions au niveau le plus bas du réseau, un montant forfaitaire doit être versé au gestionnaire de réseau sans qu’une autorisation de l’Elcom soit nécessaire. Comme le Conseil national, la commission propose également de répartir les coûts de renforcement de certaines lignes de raccordement pour au niveau national. Les lignes situées entre la limite du terrain sur lequel se trouve une installation de production d’énergie renouvelable et le point de raccordement au réseau doivent bénéficier de cette aide.

    Dans le domaine du service universel de l’électricité (art. 6 LApEl), la commission propose de s’en tenir au droit en vigueur et donc à la méthode du prix moyen. L’amendement adopté par le Conseil national n’a pas convaincu. La commission soutient toutefois l’introduction d’un produit électrique standard, qui doit notamment reposer sur l’énergie renouvelable indigène.

    La commission propose de renoncer à l’ouverture du marché dans le domaine de la métrologie et s’en tient donc à la décision du Conseil des Etats. Les données collectées par les gestionnaires de réseau doivent toutefois être plus facilement disponibles. En outre, elle suit la décision du Conseil national selon laquelle le stockage avec consommation finale doit également être exempté de la rémunération pour l’utilisation du réseau : La rémunération du réseau doit pouvoir être remboursée pour l’électricité réinjectée. Une minorité propose de s’en tenir aux décisions du Conseil des Etats. En outre, l’utilisation de la flexibilité dans la consommation d’électricité ne devrait être possible qu’avec l’accord explicite de son détenteur.

    En raison de la complexité de l’élimination des divergences concernant l’acte modificateur unique (21.047), la commission n’a pas pu achever la discussion détaillée de la loi sur le CO2 (22.061) à temps pour la traiter lors de la session d’été. Elle portera ce projet à la session d’automne.

    La commission a siégé à Berne les 11 et 12 mai 2023, sous la présidence de la conseillère aux Etats Adèle Thorens Goumaz (G, VD) et en partie en présence du conseiller fédéral Albert Rösti.

  • Le gouvernement fédéral veut développer un concept de mesures d'efficacité énergétique dans les bâtiments

    Le gouvernement fédéral veut développer un concept de mesures d'efficacité énergétique dans les bâtiments

    Dans sa motion du 26 septembre 2019, le conseiller national de l’époque Christoph Eymann (LDP/BS) a demandé au Conseil fédéral de « présenter un concept de mise en œuvre de mesures Minergie-P économes en énergie afin de réduire les pertes d’énergie de 80 % dans le secteur du bâtiment et également l’utilisation des surfaces de toit et de façade pour la production d’énergie solaire ». Le Conseil national a approuvé l’initiative en juin dernier. Lors de sa séance du 31 mai, le Conseil des Etats a également approuvé la motion, informent les services parlementaires dans un communiqué .

    Cependant, parce que le Conseil des Etats a fait un ajout au texte, la motion reviendra d’abord au Conseil national, est expliqué plus loin dans la communication. Concrètement, les cantons devraient être impliqués dans le développement du concept. Cela a été recommandé par la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie ( Urek-S ) du Conseil d’État en raison des différences cantonales importantes dans le programme de construction existant.

    Le Conseil fédéral soutient la proposition d’Eymann. « Compte tenu de l’augmentation des prix de l’énergie, par exemple à cause de la guerre en Ukraine, la préoccupation n’est pas seulement importante en termes de politique climatique, mais aussi économique », a cité la ministre de l’Environnement des services parlementaires Simonetta Sommaruga. « La population peut être soulagée de cette façon. »